le Blues de l’ile Maurice et d’ailleurs

Banner site MBS 2

« Salut les p’tits Loups, c’est Mère Grand qui vous parle ! On m’appelle aussi GranMa’Smoky, parce-qu’il parait que j’fume beaucoup trop et que j’ai une bonne descente. Mais comme disait le regrette Serge, si la fumée conserve les viandes et l’alcool les fruits ! j’ai pas a m’en faire ! si c’est pas du Blues ça …

Aujourd’hui on va causer … Blues, on va se gêner tiens ! Musique associée a l’histoire de la traite des noirs arraches a leur terre pour aller cultiver d’autres terres, lointaines, pour des « squatters » qui se déclaraient être « proprios » … puisqu’ils avaient les avaient piquées, les dites terres, a leurs vrais propriétaires, qui plus est a grand coups de pompe dans l’c…, les saligots. Vous l’aurez compris, je veux parler de l’esclavage !

P1050881

A Maurice, les premiers esclaves sont venus principalement d’Afrique de l’est, d’Afrique centrale et de Madagascar. Mais il faut savoir que bien avant la colonisation hollandaise, la colonisation française puis anglaise, les navigateurs arabes avaient, avant les autres, rencontres les cotes mauriciennes. L’île n’était pas inconnues des boutres qui faisaient route dans l’océan Indien, longeant les cotes du Mozambique, s’arrêtant a Zanzibar, aux Comores puis a Maurice. Le commerce des esclaves représentait, a l’époque déjà, un marche fort lucratif entre le Moyen Orient et l’Afrique de l’est. Les commerçants arabes en avait fait une activité florissante. Cette information peut avoir son importance dans les propos qui vont suivre ».

* * *

L’AFRIQUE (VIIIE – XIXE SIÈCLES)

Article détaillé : commerce transsaharien.

L’Afrique au xiiie siècle : carte montrant les flux et les principaux protagonistes de la traite arabe

À partir du viiie siècle, l’Afrique est dominée par les Arabes dans sa partie nord : l’islam progresse vers le Sud du continent par le Nil et par les pistes du désert.

La densité de la population du Sahara est faible. Cependant, il existe depuis l’Antiquité des cités qui vivent du commerce (sel, or, esclaves, tissus) et de l’agriculture irriguée : TahertOualataSijilmassaZaouila, etc. Elles sont dirigées par des chefs berbères (Touaregs) ou arabes. Leur indépendance est relative et dépend de la puissance des États du Maghreb et de l’Égypte.

« Maures pillant[s] un village nègre » (gravure de 1814)

Au Moyen Âge, l’Afrique subsaharienne est appelée Soudan par les Arabes, ce qui découle de l’arabe soudanen désignant « les noirs ». C’est en effet le pluriel de l’expression « il est noir ». Elle constitue un réservoir de main-d’œuvre servile pour l’Afrique du Nord et l’Afrique saharienne. Cette région est marquée par la domination de plusieurs États : empire du Ghanaempire du Mali, royaume du Kanem-Bornou. Ces États comptent des villes prestigieuses qui prospèrent grâce à leur situation de carrefour : Tombouctou,KoumbiDjennéGao, etc.

En Afrique orientale, le littoral de la mer Rouge et de l’océan Indien est sous le contrôle des musulmans, et les marchands arabes sont nombreux sur le littoral. La Nubie est déjà dans l’Antiquité une zone d’approvisionnement en esclaves. La côte éthiopienne, surtout la porte de Massaoua et l’archipel des Dahlak, a longtemps été un centre pour l’exportation des esclaves de l’intérieur, même sous l’ère d’Aksoum.

Esclaves dans l’est de l’Afrique,xixe siècle

La dynastie salomonique d’Éthiopie exporte souvent des esclaves nilotiques de ses provinces frontières occidentales et aussi des provinces musulmanes récemment conquises. Des sultanats musulmans, comme celui d’Adal, envoient aussi des esclaves. Sur la côte de l’océan Indien apparaissent également des postes de traite fondés par les Arabes et les Persans. L’archipel de Zanzibar, au large de la Tanzanie actuelle, est sans doute l’exemple le plus notoire de ces comptoirs.

L’Afrique de l’Est et l’océan Indien restent jusqu’au xixe siècle une aire importante de la traite arabe. David Livingstone et Stanley sont alors les premiers Européens à pénétrer à l’intérieur du bassin du Congo et à découvrir l’ampleur de l’esclavage. Tippo Tip étend sa domination et fait de nombreux esclaves. Après l’implantation des Européens dans le golfe de Guinée, la traite transsaharienne devient moins importante. À Zanzibar, l’esclavage est aboli tardivement en 1897 sous le sultan Hamoud bin Mohammed.

Le reste de l’Afrique n’a pas de contact direct avec les négriers musulmans.

* * *

« Et oui, le blues a toujours été lie a l’exploitation de l’homme par l’homme. Quel genre de blues chantaient les esclaves sur les pyramides d’Egypte, construites a la gloire d’un pharaon demi dieu. Quelle litanie s’arrachait au cœur des hommes entasses a fond de cale,  sur les navires marchands empruntant la route du commerce triangulaire entre l’île de Goree, au large des cotes Sénégalaises, les ports des Amériques et ceux de l’Europe. Et a quel rythme tout cela se déployait-il ? Mais surtout quelle force fallait-il a ces hommes pour résister ?

La force de ne pas oublier leurs origines et celle de s’accommoder de leur « statut » d’espèce inférieure, avec pour seule alliée leur énergie créatrice, l’imagination. Ainsi sont nés les premiers chants d’esclaves au milieu des champs de cotons, comme au village, les soirs de fêtes, ou au contraire lors des veillées mortuaires, des champs de prières pour une musique de l’âme. Au fur et a mesure des générations, la langue changea et les mélanges commencèrent. Ceci est commun à toutes les régions du monde construites a dos d’esclave. Les mélanges donnèrent des Blues, en Amérique, dans les Caraïbes, ou dans l’Océan Indien, chacun avec sa langue et ses propres instruments, mais tout ces blues ont pris naissance dans l’oppression et l’asservissement.

Maurice et la Réunion ont connues cette histoire liée a la canne a sucre. les plantations d’ici cultivaient le doux roseau et non le coton mais la chaleur et la peine au champs restaient les mêmes. La réunion a son Maloya sur base de percussions (Rouler, Kayamb), 

L’histoire et les origines de ces musiques et de leurs instruments sont assez peu certaines, mais considérant l’inventivité dont les esclaves devaient faire preuve pour s’exprimer, on peux imaginer que, par exemple, le Rouler Réunionnais qui ressemble a s’y méprendre a une barrique ou un tonneau auquel on aurait rajoute une peau de chèvre pour en faire un tambour grave sur lequel on s’assoit pour marteler la pulsation du Maloya, à défaut de rouler sous la table avec son contenu, soit ne un soir de « picole ».

Maurice a son Sega sur base d’autre percussions (Maravane, Ravane, Triangle). La Ravane Mauricienne appartient quand a elle a la famille des Frame Drums. C’est une sorte de gros tambourin proche du Bendir (Afrique du nord) ou du Daf (Turquie, `Perse). Y aurait-il un lien avec l’époque des commerçants arabes ? …

La différence est notable entre ces deux instruments bien qu’ils soient tout deux fait pour porter des rythmes 6/8 ou plus exactement 12/8 (notion que je développerais dans un autre article). En effet le Rouler serait plutôt un instrument profane alors que la Ravane serait d’origine sacrée, comme toutes les percussions appartenant a cette famille. (a développer dans un prochain article).

Revenons au blues, ce sentiment aigre-doux, sucre-sale qui survient et vous envahi dans les moments les plus incompréhensibles de la vie. Il vient pour vous rappeler que tout ira bien, avec son humour infatigable, il se rie de vous et vous n’y pouvez rien.

A Maurice on appelle « Rire ar Plere », ce qui signifie « rire de ses propres malheurs ». Si ça c’est pas Blues, j’veux bien arrêter l’clopon et le gorgeon ! Car le blues c’est avant tout un sentiment profond mélange a une bonne dose d’auto dérision. L’ile Maurice, La Réunion, Les Caraïbes, Le sud des états unis, autant de creusets fertiles ou les privations de liberté ont forges le caractère des populations mises en esclavage, leur offrant en retour le don merveilleux de toucher l’âme de leurs semblables, par la musique ! ».

« C’est ça le Blues ! »

« Aller j’m’en jette une a la sante de tout ces braves gens et j’vous laisse avec un papier paru dans le scope de la semaine dernière qui nous parle du Blues d’aujourd’hui, celui des mauriciens … »

« Courage et Gros bisou les loulous, « 

GranMa’Smoky.

GranMa' Smoky

* * *

bleu1

« Le Blues des Mauriciens » :

Article paru dans le journal « Scope » le 12 Mars 2014.

Face à certains événements, il est difficile de ne pas avoir un coup de blues. L’absence de planification dans le développement, la pauvreté qui perdure, le chômage qui persiste, l’insécurité qui grandit, le communalisme qui prend de l’ampleur et des scandales à n’en plus finir. Ou encore les menaces de notre Premier ministre contre la presse…
Maurice, c’est un plaisir, si l’on en croit le slogan. Mais c’est parfois loin d’être le cas. Oser pointer du doigt certains dysfonctionnements pourrait même valoir quelques vertes insultes du Premier ministre : “Si zot rod lagratel zot pou gagne.” Quand un PM n’hésite pas à menacer les membres de la presse, qui ont déjà été traités de tous les noms, il y a de quoi s’inquiéter pour les libertés. Les tentatives de musellement persisteront. Ce n’est pas de sitôt que la télévision sera enfin libérée des chaînes de propagandistes.
Mais il y a des choses à dire, des fléaux à dénoncer. Le communalisme, par exemple. On ne peut passer sous silence la présence de groupuscules communalistes sur la place publique. Ils s’invitent dans des débats qu’ils rendent stériles, donnent l’impression d’une île divisée et d’un système qui favorise les uns au détriment des autres. Malgré tout le tort qu’ils causent, ces groupes demeurent toujours dans les bons papiers de ceux qui sont au pouvoir, quel qu’il soit.

Communalisme.
Linley Couronne, militant des droits humains au sein de l’organisation DIS-MOI, rappelle que “le communalisme est latent et surgit à des moments précis, lors des campagnes électorales, par exemple.” Le choix des candidats dans les circonscriptions est d’ailleurs là pour le prouver, souligne Jocelyn Chan Low, historien et observateur politique. Le communalisme, rappelons-le, est institutionnalisé à travers le Best loser system. Chit Dukhira, président de l’ONG Selex, affirme que nous vivons le mauricianisme du bout des lèvres et que ceux qui l’évoquent ne sont pas toujours sincères.
Les citoyens vont certes exercer leur droit de vote à chaque élection, mais Jocelyn Chan Low rappelle que la solidité d’une démocratie se juge également sur la participation active de la population. “Dans certains pays, la population manifeste son mécontentement dans la rue. À Maurice, il y a une certaine peur et une absence de mobilisation pour dénoncer les abus.” Les exemples ne manquent pas. Les manifestations pacifiques pour dénoncer les augmentations des prix, les mauvaises conditions de travail et même la récente marche pour dire non à la violence contre les femmes n’ont pas attiré grand monde. De nos jours, c’est plutôt la radio ou les réseaux sociaux qui servent de plates-formes aux gens qui veulent exprimer leur souffrance et l’inquiétude concernant la gestion et le devenir du pays.

Chômage.
Ce qui préoccupe aussi les Mauriciens, c’est le taux de jeunes de la tranche 16 à 25 ans qui sont sans emploi et la féminisation du chômage. Selon les chiffres de Statistics Mauritius, à décembre 2013, le pays comptait 47,300 chômeurs ‒ 19,700 hommes (42%) et 27,600 femmes (58%). 37% avaient moins de 25 ans. L’économiste Eric Ng estime que le système éducatif n’est pas en adéquation avec le marché du travail. Avec pour résultat que de nombreux jeunes se retrouvent confrontés au monde du travail sans y être vraiment préparés, sans formation et sans expérience. L’investissement du privé, qui est stagnant en raison de la situation économique morose ainsi que l’approche des élections générales n’arrangent pas les choses.
Le Dr Vasant Jogoo, urbaniste, insiste sur le fait que le développement ne devrait pas se faire n’importe comment et à n’importe quel prix. L’expert se fait beaucoup de soucis à propos de l’absence de planification à Maurice. “Sans bonne planification, nous courons tout droit vers une catastrophe.” Il cite les problèmes qui ont surgi le 30 mars 2013 lors des inondations ainsi que les éboulements liés aux travaux de la Ring Road à Pailles. Il dénonce les développements effectués sans vision à long terme : ainsi, les constructions sur les flancs des montagnes, dont les sols sont souvent instables. Il estime que 25% de notre territoire se retrouve déjà sous l’emprise du béton et que ce chiffre est déjà élevé au regard de la petite superficie de notre île.

Violence.
Par ailleurs, la pauvreté gagne du terrain, souligne Christiane Chowry, coordinatrice nationale à Caritas île Maurice. Cela toucherait également la classe moyenne, qui s’appauvrit davantage avec les différentes augmentations des prix, surtout celles des commodités les plus courantes. Elle souligne que de nombreuses personnes peinent à joindre les deux bouts et subissent une baisse de leur pouvoir d’achat. “Ceux qui étaient pauvres demeurent pauvres malgré les aides dont ils bénéficient car ils n’ont pas un emploi stable ou n’arrivent pas à économiser à cause de leur emploi précaire. Des possibilités existent et ont été mises en place pour les aider, mais cela ne correspond pas parfois à leurs réalités ou cela prend du temps à se concrétiser.” Une pauvreté qui perdure en raison de fléaux comme l’alcoolisme, qui fait des ravages dans plusieurs familles et qui conduit souvent à la violence.
Comme Linley Couronne, elle est inquiète de la situation de la criminalité à Maurice qui, selon elle, serait une des conséquences des problèmes économiques auxquels le pays est confronté. Les récents actes de violence dont les femmes ont été victimes sont venus souligner une manière de faire rétrograde et une situation qui persiste.
Tout cela a de quoi donner du blues à de plus en plus de Mauriciens…

Leurs blues…
Justine, 15 ans, étudiante : “Il y a beaucoup de violences dans le pays. On ne se sent plus en sécurité. Même dans les lieux publics, on peut se faire attaquer. Cette situation est inquiétante.”
Gwen, 15 ans, étudiante : “Le pays fait face à un problème de délinquance. La société a été défigurée. Ce n’est plus cette île Maurice paradisiaque que l’on vante tellement sur les cartes postales. Le pays est en train de se dégrader. On se sent de moins en moins en sécurité.”
Monique Apollon, la soixantaine, retraitée : “On n’accorde pas assez d’attention à la santé des personnes âgées. Dans les dispensaires et hôpitaux, il y a toujours de longues files d’attente, et priorité n’est pas accordée aux personnes. On n’ose pas trop se tourner vers les médecins du privé car les médicaments coûtent cher.”
Nicolas, 33 ans, Sales representative : “Beaucoup de choses ne tournent pas rond sur les plans politique, de la santé ou du développement. On offre beaucoup de facilités aux investisseurs étrangers pour des projets de développement à Maurice. Mais est-ce que cela profite vraiment aux Mauriciens ? Où va l’argent des bénéfices ? Concernant la santé des Mauriciens, on accuse la population de ne pas manger sainement. Est-il vraiment possible de le faire avec le prix des légumes et autres denrées alimentaires ?”
Hassen, la cinquantaine, marchand de fruits : “Nous avons un gros problème de violence à Maurice. Des mesures doivent être prises pour comprendre d’où vient le problème et le régler une fois pour toutes.”
M.R, la quarantaine, ex-détenu : “Après avoir payé ma dette envers la société, je suis inquiet pour mon avenir et pour ceux qui sont dans la même situation. On parle de réhabilitation des ex-détenus, mais comment y arriver quand nous n’arrivons pas à trouver un emploi et que toutes les portes nous sont fermées parce que nous n’avons pas un Certificate of Charactor vierge ? J’ai envie de refaire ma vie et de me racheter. Cette situation est très préoccupante pour moi et ma famille.”
Cindy Arnachellum, la trentaine, secrétaire : “Il y a trop de violences contre les femmes. Cette situation devient de plus en plus alarmante. Il y a aussi le chômage chez les diplômés qui ont connu de longues années d’études et de sacrifices. C’est très inquiétant pour l’avenir des jeunes à Maurice.”
Rajiv, la soixantaine, chauffeur de taxi : “Avec la cherté de la vie, le travail est devenu difficile, avec moins de passagers mais également avec la quantité de permis qui ont été délivrés. La concurrence est rude dans ce métier, en sus de la concurrence déloyale des taxi maron. Il est difficile de gagner sa vie comme avant.”
Abdool, la quarantaine, cleaner : “Le pouvoir d’achat a grandement diminué. Après avoir payé les différentes factures des utilités publiques et fait les commissions pour le mois, il ne reste pas grand-chose. Avec un salaire de Rs 7,000, la vie est bien difficile pour assurer l’avenir des enfants.”
Meela, chauffeur : “Il est malheureux que certains considèrent toujours la femme inférieure à l’homme. Les mentalités doivent évoluer. Nous avons la chance à Maurice d’avoir plusieurs communautés vivant sur une même terre et qu’il n’y ait pas trop de tensions, comme il en existe dans d’autres pays. Mais il faut se méfier de la manière de faire des politiciens, qui peuvent mettre en péril notre tissu social par leur discours et leur façon d’agir.”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *